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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.
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Pendant les semaines latentes, ne m'atteignaient plus que des informations assourdies par un écran de brume, perceptions estompées, phrases gommées sous l'effet de leur propre redondance, hypersensibilité au vide, à ce qui en constitue le charme vénéneux, la matière, la marge, le centre de gravité, l'axe de révolution autour duquel gravitent les visages des intouchables.
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