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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Nos vies plaqué-hors zigzaguaient entre les rives.
Parfois vos mains plongeaient dans le ventre chaud du récit - pour y chercher vos racines ou y enfouir vos rêves.
Ailleurs, les miennes jouaient au sable, brassaient du vent, un peu d'océan, la suie du ciel, en espérant s'y dissoudre.
Jardins sauvages, phrases vendangées dans l'intervalle, dérives qui labourent les chairs par ricochets.
Mais nous avions l'errance longue et placide.


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