Je voyageais coincé entre un imposant bavarois qui débordait de son
siège et une frêle japonaise sujette à la narcolepsie. Il fallait
choisir son camp: je me tournais donc vers le hublot et le soleil
levant. Malheureusement, à chaque fois que la tête nipponne était sur le
point d'atterrir en douceur sur mon épaule complaisante, sa
propriétaire s'éveillait en sursaut et basculait de l'autre côté, vers
le hublot à travers lequel scintillaient dans le jour naissant des
chapelets de lueurs orangées.
Pas même un « touch-and-go ».
Les voyages en avion sont désormais d'une banalité affligeante.