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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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J'ai perdu la trace du frémissement originel. N'était-ce pas au rebord de l'enfance quand je retournais des galets blancs et brillants?
Ils ne révélaient que des ombres, des reflets interrogateurs et dans un remous d'eau troublée, un éclair fuyant, une présence sans nom, que déjà je nommais (nommer c'est posséder un peu): ma Supposée.
Glissés au fond de la poche, mes cailloux perdaient un peu de leur superbe mais conservaient la douceur simple des patiences minérales.
Je vous  attendais.
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