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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Les noeuds, sertis dans les planches en pin du toit, étaient des yeux de loups à l'affût dans la terrifiante nuit de l'enfance. Il fallait ne pas relâcher la surveillance et surtout ne pas sombrer dans le sommeil au risque de les voir à coup sûr quitter les voliges pour venir s'emparer de vous. 
Vous luttiez ainsi jusqu'aux premières lueurs du jour avant de pouvoir vous féliciter d'en avoir une fois de plus réchappé de justesse, et, cerné de fatigue, vous glisser dans un sommeil de verre. 
Aujourd'hui la maison n'est plus la même mais les hordes ne sont jamais loin.
Heureusement, il n'y a pas de cave.
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