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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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J'étudie la chute des feuilles, l'inéluctabilité de leur trajectoire vers un point hypothétique qu'elles n'atteindront jamais. C'est une occupation à plein temps qui me conduit à passer mes journées dehors, absorbé par d'intenses contemplations. 
Mais le temps lui-même finit par se vider de sa substance et perturbe le résultat de mes recherches. 
L'aléa l'emporte encore, d'un rien, sur la rigueur et la logique.
Je demeure donc obstinément dans le clan des évasifs.
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