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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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J'arpentais les heures grises, les hanches creuses de temps adoucis dont le délitement portait à l'indolence comme l'errance des fumées dans le ciel. 
J'attendais votre retour. 
Un homme attend toujours le retour d'une femme, parfois même sans le savoir. J'allais donc d'un pas mesuré aux bords d'une vacance impalpable, vivant dans la fréquentation sereine de cet espace mordoré dessiné par votre absence. 
Il m'annonçait votre retour prochain alors que vous n'étiez encore jamais venue.
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