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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Aucun lieu ne se clôt tout à fait, ne se peut résoudre en un domaine fini. Tous restent ouverts aux mondes adjacents qui s'organisent en îlots superposés.
Babel est la règle.
L'inclusion l'emporte sur la complétion sans toutefois définir de limites. L'espace majeur induit l'espace mineur qui à son tour imbrique ce qu'il contient: la vie dans la ville, la ville dans cette pièce, les murs dans la tête, jusqu'à la pensée minime qui bat en brèche toute ambition à cerner comme à élever continûment.
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