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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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J'attends cet orage qui mûrit son étonnement du côté de Meudon. Je n’ai plus d’autre activité que celle-ci, impérative: compter les coups de semonce, saisir dans l’air la protestation muette de la poussière mouillée, espérer l’effondrement du ciel sur lui-même, vérifier sa prédisposition à en faire trop. 
J’y consacrerai le temps qu’il faudra.
"Je préfère ce qui n'est pas dans le monde, ce qui flotte légèrement au-dessus, je préfère ne pas entrer dans le monde et rester sur le seuil- regarder, indéfiniment regarder, passionnément regarder, seulement regarder."
(Christian Bobin. Geai. )
La tentation est grande de survoler, de ne pas entrer dans le vif du sujet.
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