________________________________________________________________________________________________________

Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

________________________________________________________________________________________________________
Le soleil écrase la pièce, du square montent des cris d’enfants, atténués, imprévisible mélopée, de temps à autre le halètement lointain d’un hélicoptère vient trancher l’air épais de cette fin d’après-midi : échauffement des songes, friction des idées vives, ébullition de mots.
Il faudra attendre le soir, les aboiements, l’épuisement automobile, les fuites ferroviaires pour que revienne la quiétude, les battements de cœur réguliers, la certitude des mondes, cette sensation pleine et ronde d'exister un peu, d’être en mouvement vers quelque chose.
© Copyright
Tous droits réservés