Mon
soulagement ne fut pas d'entendre à nouveau parler français, tant cette
langue peut être considérée comme déjà morte, rengorgée dans sa
difficulté à épouser un monde efficace et pragmatique, mais de le lire,
besogneux, désuet, suffisamment à l'aise dans son anachronisme
typographique pour envisager l'indicible, l'elliptique, l'inutile.
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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.
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