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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Pendant la nuit le rideau bouge doucement devant la fenêtre ouverte: il respire, mène une vie décousue, un peu impudique. Il flirte avec le vent, se persuade qu'il pourrait à tout moment le suivre s'il le voulait vraiment.
Il me fait le coup tous les étés mais reste fidèle à ses anneaux.
Seuls les bruits lointains parviennent à s'échapper au delà du raisonnable dans la nonchalance  de la torpeur estivale.
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