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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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L'espace est flou, labile, provisoire, nébuleux, un peu comme ce matelas de nuages aperçu par le hublot de l'avion et sur lequel vous aimeriez tant pouvoir marcher. Entre les interstices vous distinguez brièvement un morceau de terre, un cours d'eau, un village, une route, une voiture sombre qui tente d'échapper à un paysage désolé (aura-t-elle le temps d'atteindre ce petit bois au bout de la ligne droite?); autant d'histoires fragmentaires qui resteront sans fin, happées par un nouveau rideau de brumes et de vapeurs surgit brusquement sous les ailes.
La vérité se referme sur elle-même et vous quitte comme la mer se retire des coquillages. Vous n'avez pu en retenir que la part infime.
Vous espérez une éclaircie.
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