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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Nous sommes plusieurs à promener nos dimanches le long du fleuve, à écouter bruire une parole dissoute, à chercher un regard sombre dans le creux de la vague tandis que d'autres cadenassent au grillage du parapet des promesses bientôt rouillées au vent des passerelles. 
Nous nous voyons sans nous voir; nous nous traversons, silencieux, inutiles autant qu'indispensables les uns aux autres, conscients d'aller dans l'apaisement de ce qui fuit.
(Passerelle des Arts)
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