________________________________________________________________________________________________________

Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

________________________________________________________________________________________________________
Aussi loin que portait le regard, par dessus l'épaule de lave, on apercevait au bout des mondes la bienveillante solitude des lendemains. 
Fallait-il donc se fuir pour se retrouver, tel qu'en soi, dans l'éboulement des rêves ou bien se rassurer pour un temps dans l'amoncellement des pas ? 
Une lancinante chaleur montait du sol, embrassait le froid limpide qui fusait au front du ciel.  
Vous devinez qu'une réponse est enfouie là, se propageant dans les plissements magmatiques, encore sourde mais prochaine.
Vous vous sentez devenir terrestre.




© Copyright
Tous droits réservés