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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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On pourrait envisager l’écriture de deux manières : avec  optimisme au risque de la voire se perdre dans une pensée lénifiante, stéréotypée, aseptisée, enrobée de l’air du temps, respectant les lois du marketing ou bien à l’inverse provocante, vulgaire, criarde, servie bruyamment sur un plateau de télévision, dont on ne tire qu’une faible matière, une lie pâteuse et sans consistance. 
Loin de cette alternative, c’est bien la fêlure qu’il faut explorer, la lente détérioration des équilibres, la friction des êtres au chant biaisé de leurs faiblesses.
Finalement qui de l’écrivain où de ses personnages est le plus sujet à la dévoration intérieure ?
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