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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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35 degrés.
La ville plie sur l’enclume. Le béton hésite. La circulation se dissout dans une odeur de goudron fondu . Les façades ont bu les derniers piétons avec leur ombre. Ma voiture est un mirage argenté qui flambe au dessus du parking. Exister demande un effort. L’idée de l’eau est épuisante et vaine: une moiteur râpeuse qui n’ira pas au delà de la gorge, n’irriguera pas le corps. Partout la même crispation résignée, une lutte silencieuse contre un ennemi insidieux coupé en tranche dans les pales des ventilateurs. La fournaise lit dans nos pensées. Il n’y à plus rien à faire. Sinon résister et attendre.
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