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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Un vol plané. Comment reconstituer le passé à partir de cette seule image ? Avec le temps, son travail de sape, l’oublieuse mémoire ne laisse plus filtrer que des mots, des expressions, des phrases, des embryons de paragraphes. Rien que du désordre intérieur, de l’insaisi-sable qu’il faut attraper au vol, replier sur lui-même dans l’espoir d’en rapprocher les extrémités. L’idéal serait de pouvoir dessiner une courbe, en pointillé, une piste d'atterrissage en douceur.
Ainsi l’histoire débute-t-elle par des questions sans réponses. Le point de départ est flou, mouvant. 
Mes châteaux forts sont des châteaux de sable dont la matière file entre les doigts, se disperse au vent. 
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