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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Vous saviez qu'elle se tiendrait là, du côté des mots, des livres, de l'écriture. Vous l'aviez toujours su, avec une détermination butée qui parfois figeait autour de votre bouche un sourire impassible. « Une ride d'expression » vous dit-on un jour. Mais vous pensiez plutôt à une ride d'impression tant ce froissement-là prenait naissance au plus profond. C'est bien à elle que vous souriez, à cette présence en filigrane dont vous auriez juré pouvoir percevoir le parfum, intimement lié à celui du papier, de l'encre, de l'air froissé entre ses doigts.
Vous guettiez ce moment, où, dans un plissement du temps, quittant le roman, elle vous livrerait un secret.

 

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