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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Une vie de mondanités et de luxuriances africaines s’achevait dans ce petit village d’île de France choisi par le seul hasard qui préside aux errances hospitalières et administratives de l’implacable déchéance des fins de vie.
Nous n’étions qu’une poignée d’ombres dissemblables désunies autour du cercueil, impuissantes à conjurer la chape des ans et des silences familiaux; encore que ce terme de famille me parut plus incompréhensible que jamais tant me venaient à l’esprit les mots de gouffre, d’abîme et de fuite.
Qu’I. fût incinérée, échappant ainsi à tous et à tout me soulageait.
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