------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Cette année encore j'ai survécu à la nuit de Noël (c'est là le vrai miracle de cette toute petite nuit). Il semble qu'il y ait d'autres rescapés mais tous restent discrets car on redoute une réplique le 31 décembre.

Il y a dans chaque seconde une part de surprise qui le dispute à l'émerveillement. Le basculement de l'un à l'autre n'est qu'une question de fil donné à retordre.  

Sous un ciel encré par les années, il vivait en aval de sa bouche.
Du centre ville de Strasbourg émergent en flèche deux souvenirs d'enfance, l’un cuisant et l’autre fracassant:
Ma main droite posée bien à plat sur le fer à repasser (position coton).
Mon tracteur en bois lancé du dernier étage et reçu sur le sommet du crâne, avec sa jolie remorque (Newton).
Perdu à l'angle de ma fenêtre, le soleil fait preuve de bonne volonté.
Le jour sera penché, attentif à son mystère. 
Demain, l'adoption d'un double langage offrira  plus de place à l'expansion de nos consentements .
Comme chaque année j'attends avec impatience la période des fêtes et la frénésie consumériste qui l'accompagne. Avec une lucidité fraîche, une abnégation et un entrain que rien n'émousse, je piétine dans la ville en surchauffe à la recherche du cadeau original et personnalisé qui de toute manière ne plaira pas. 
Et c'est avec le même enthousiasme sincère que je recevrai le mien.

 

Il y avait entre nous cette histoire de fermoir coincé qui retenait l'hiver pendu à ton cou. 
 C'est la vie qui est périssable.
Mais où vont les arbres quand nul ne les regarde?
Nous nous savions. 
Sans qu'il n'y ait rien à dire ni à faire d'autre que traverser les vastes plaines des possibles criblés au tamis clair des tendres lenteurs.

 

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