------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

A tant psalmodier les phrases finissaient par prendre contour, chair du vent qui les dispersait. Les silhouettes renvoyaient en écho l'esquisse de visages éludés, cloués au pilori des imaginaires.
Je vous tenais pour vivante et décrite.

Entreprendre le décompte des heures primitives. 
S'en remettre à la tendresse des pierres angulaires.
C’est en début d’après-midi que le temps changea: le ciel s’obscurcit, devint une masse compacte et sombre, si dense et homogène qu’il était désormais impossible d’y distinguer le moindre détail; on imaginait que cet étau s’approchait insidieusement, qu’il ne tarderait pas à nous écraser entre ses mâchoires.
L’air devint incroyablement chaud, une haleine sauvage et menaçante. Les rafales de vent furent plus longues, plus soutenues, puis quand elles semblaient devoir s’être enfin épuisées, avoir expiré leur dernier souffle, elles renaissaient, redoublaient de rage, pliaient davantage les arbres, ébranlaient les maisons, soulevaient des angoisses irrépressibles.
Un rideau de pluie continue fut définitivement tiré sur le paysage.
- Le typhon sera sur nous dans vingt-quatre heures. Il est grand temps de me parler de vous dont j’ignore tout, jusqu’à votre nom.
Elle hésita un instant, prit cet air perfide qu’elle adoptait pour décocher ses petites phrases assassines.
- Vous m’appellerez … Marie !
D’ailleurs Marie évente…Elle sème à tous vents…
Il lui arrive de donner des cours de :
1- langue et littérature anglaises (spécialisation Shakespeare et son siècle)
2- langue française et sociolinguistique (spécialisation les politiques des langues)
3- mathématiques et physique (spécialisation la mécanique des fluides)
4- psychologie de l’individu et des groupes (spécialisation l’insertion de l’individu dans le groupe)
5- information et communication (spécialisation les schèmes de réception)
6- langue anglaise et civilisation américaine (spécialisation quakers, amishs et mennonites)
7- économie ménagère et couture floue (spécialisation l’étude comparée des nouveaux textiles)
8- sociologie et sociolinguistique (spécialisation l’évolution des langages à travers les réseaux)
9- langue et littérature françaises (spécialisation la poésie contemporaine)
10- psychologie et psychothérapie (spécialisation la gestalt thérapie)
11- sanscrit et hindouisme (spécialisation les textes védiques)
12- éducation physique et stretching intellectuel (spécialisation le yoga tantrique)
13- ethnologie et anthropologie (spécialisation le système des dons chez les Jivaros)
14- civilisations et arts orientaux (spécialisation la représentation de la femme dans la peinture bouddhique du X au XIV siècles)
15- langue et communication (spécialisation les adresses et les fonctions du destinataire).
Qu’en pensez-vous ?
- Je pense que j’ai envie de vous embrasser.
- Et qu’est-ce qui vous en empêche ?
- Je ne sais pas s’il faut le faire de suite ou bien attendre l’œil du cyclone.
(MMM)

 
Sur le Pont flotte une rumeur de baiser fluvial,
Une main courante qui ne porte pas plainte.
Qui a débouclé la Seine ?
Correspondante épithète,  les jours d'éclipse tu abandonnes ton bureau sauvage pour rejoindre la rivière où tes chevilles vicinales se rient de l'eau claire comme des phrases en l'air.
La destruction accidentelle des archives me laissait sans mémoire. J'errais dans le présent, incapable de relier les événements entre eux, de les hiérarchiser, de saisir le lien improbable qui les articulaient.
Une fois de plus, je m'en remettais au courant doux qui, à n'en pas douter, me conduisait vers un point précis dont je ne savais rien.
"Kick-off" au grand auditorium situé au rez-de-chaussée. Le Président est optimiste. On a fait du bon boulot. Pour nous remercier on nous remet une broche que nous pourrons fièrement épingler au revers de nos vestes. Il y a du Champagne et j'ai repéré avec certitude quels sont les pains-surprises qui contiennent des toasts au foie gras. 
Je me déplace en conséquence.
Ma carrière progresse.
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