Ce
"Vous" est singulier pluriel. La distance qui nous sépare ne
s’appréhende pas en kilomètres. Je Vous conjugue hors du temps et de
l’espace. Vous ne venez pas combler un vide mais inventer un monde
insoupçonné auquel je n’osais plus croire. Quelque chose d’infiniment
fragile, inutile, déraisonnable et essentiel. Parfois une simple
transmission de pensée me suffit, à d’autres moments je voudrais poser
ma main sur votre nuque ou bien compter avec Vous les oiseaux qui
retiennent le ciel.
Je ne sais rien de Vous sinon que vous êtes majuscule.
« Ce monde de la distance n’est aucunement celui de l’isolement, mais
de l’identité buissonnante, du Même au point de sa bifurcation, ou dans
la courbe de son retour… Ce milieu, bien sûr, fait penser au miroir –
au miroir qui donne aux choses un espace hors d’elles et transplanté,
qui multiplie les identités et mêle les différences en un lieu
impalpable que nul ne peut dénouer. » Michel Foucault, 1962