________________________________________________________________________________________________________

Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

________________________________________________________________________________________________________
Ce "Vous" est singulier pluriel. La distance qui nous sépare ne s’appréhende pas en kilomètres. Je Vous conjugue hors du temps et de l’espace. Vous ne venez pas combler un vide mais inventer un monde insoupçonné auquel je n’osais plus croire. Quelque chose d’infiniment fragile, inutile, déraisonnable et essentiel. Parfois une simple transmission de pensée me suffit, à d’autres moments je voudrais poser ma main sur votre nuque ou bien compter avec Vous les oiseaux qui retiennent le ciel.
Je ne sais rien de Vous sinon que vous êtes majuscule.
 
« Ce monde de la distance n’est aucunement celui de l’isolement, mais de l’identité buissonnante, du Même au point de sa bifurcation, ou dans la courbe de son retour… Ce milieu, bien sûr, fait penser au miroir – au miroir qui donne aux choses un espace hors d’elles et transplanté, qui multiplie les identités et mêle les différences en un lieu impalpable que nul ne peut dénouer. » Michel Foucault, 1962
© Copyright
Tous droits réservés