Il y eut, à l'heure du couchant, une tâche de soleil soudaine répandue sur Lausanne. Elle semblait vouloir indiquer avec insistance le contour de la ville, la détacher sur un fond de reliefs estompés par la fuite du jour, la découper pour la soustraire au miroir des émotions.
A l'œil nu on distinguait de fiers bâtiments, des reflets clinquants, presque des battements dans l'air épais.
Pourtant d'autres interrogations plus essentielles ne tardèrent pas à poindre : cette neige sur la crête, venait-elle du ciel ou bien était-ce d'elle que naissaient ces somptueux nuages?
Pourrait-on retenir un moment le paysage en l’encerclant entre le pouce et l’index des deux mains ?
Mais combien d'années faudrait-il pour traverser le lac?