------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Je pris soudain la pleine mesure des ocres finissantes, cette résignation de l’air sans éclat ni surprise, la paresse du jour, la tempérance des heures non plus heurtées les unes aux autres dans la précipitation de l’instant mais fondues en une même inclinaison, la résolution douce de s’en remettre aux simples certitudes : le silence des pierres, la perfection à la surface des eaux, la pâle transition des ombres portées dans le déclin des jours, les frimas à venir, soupçonnés, retenus pour un temps encore derrière l’horizon.
L’été passé, devenu "l’était", plus rien ne presse.
(l'amoureux latent):
- L’automne: le retour des bottes, des collants!

(Armande):
- C’est faire à notre sexe une trop grande offense
De n’étendre l’effort de notre intelligence
Qu’à juger d’une jupe et de l’air d’un manteau,
Ou des beautés d’un point, ou d’un brocart nouveau.
Molière, Les femmes savantes, Acte III, scène II

(jeu de rôles)
Latitude 48° 50' 53.0  N
Longitude 2° 20' 20.2  E
Les feuilles mortes se ramassent à la pelle (un peu) et au compresseur-souffleur-aspirateur-broyeur-camion-benne (beaucoup).
Mais il subsiste un léger doute, une marge d'erreur.
Pendant que je regardais au fond de ma tasse de café, elle observait dans un ciel séraphique les nuées immaculées que tissaient des avions supposés.
Cette femme venait de loin.
Et pour moi qui était revenu de tout elle était une veine.

Retour aux familiers. 
Ceux dont on veut posséder les livres pour les ranger dans la bibliothèque que l'on a fabriqué sur mesure spécialement pour eux, dans la maison là-bas, et que l'on retrouvera épisodiquement au premier geste, phrases intactes et fraîches, comme s'ils venaient de naître, rescapés des longues périodes de volets clos sur soi et d'inanité de nos jours.
Des livres de permanence.

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