------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Le soleil écrase la pièce, du square montent des cris d’enfants, atténués, imprévisible mélopée, de temps à autre le halètement lointain d’un hélicoptère vient trancher l’air épais de cette fin d’après-midi : échauffement des songes, friction des idées vives, ébullition de mots.
Il faudra attendre le soir, les aboiements, l’épuisement automobile, les fuites ferroviaires pour que revienne la quiétude, les battements de cœur réguliers, la certitude des mondes, cette sensation pleine et ronde d'exister un peu, d’être en mouvement vers quelque chose.

J'écoutais la conversation de la Seine et celle qui coulait aux terrasses des cafés alentour, mais aucune n'évoquait l'ineffable  stratagème de tes mots.

Le matin me surprit sur la passerelle Simone de Beauvoir. 
Je souriais aux premiers passants, gris, emmitouflés, échines courbées, pressant le pas d'une rive à l'autre comme si leur salut en dépendait: le jour avait d'abord frôlé mes épaules défroissées avant de venir s'étirer ici sur la ville blafarde, sa nuque de pierre et de zinc.
Errant au milieu de la ville, une odeur de foin coupé.
Je crois même qu'elle a grillé un feu.
Quand il atteint le sommet de son âge et qu'il se résout à en suivre la pente, alors l'Homme s'interroge sur l'être et le devenir.
Puis il se tait.
Au dos des vagues s'arrondissait un long discours d'écume : des peines perdues, des éclats de rire, renversés dans un fracas de ruines.
Les mots bourdonnaient dans la ruche, plaqués au fer blanc de la peau, essaim de nudités vives jetées aux brasiers des soifs primaires. 
Paroles natives à l'orée du récit.
 Du haut d'un volcan éteint je cherchais à apercevoir la mer ou au moins le début d'une rivière.
Un chien aboyait dans la nuit
Pour ne pas dormir, je passais mes doigts dans les mots échancrés, considérés comme autant d'aubaines dans l'aube de mes petits jours.
© Copyright
Tous droits réservés