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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Aussi loin que portait le regard, par dessus l'épaule de lave, on apercevait au bout des mondes la bienveillante solitude des lendemains. 
Fallait-il donc se fuir pour se retrouver, tel qu'en soi, dans l'éboulement des rêves ou bien se rassurer pour un temps dans l'amoncellement des pas ? 
Une lancinante chaleur montait du sol, embrassait le froid limpide qui fusait au front du ciel.  
Vous devinez qu'une réponse est enfouie là, se propageant dans les plissements magmatiques, encore sourde mais prochaine.
Vous vous sentez devenir terrestre.




Rien d'autre n'a eu lieu que la suffisance des heures, un sillon d'ombres et de lumières tracé au front de l'été, la pression incertaine des marées, un carnet d'orages scrupuleusement tenu à jour, des rêves éclairs qui zébrent les désirs.
Et le baiser du vent.
J'écrivais lésion à la place de liaison.
Disjonction entre le réel façonné et la phrase mimétique.
Plus que nus, débarrassés de toutes les superficialités ostentatoires (paroles, vêtements, peaux, sexes, jouissances), nous nous rapprochions comme jamais, au point de sentir nos pensées s'étreindre, d'entendre le glissement de nos âmes l'une contre l'autre.
De l'eau avait coulé sous les ponts. Quai de Montebello, je me glissais dans le lit de la Seine. 
Crue, elle venait lécher mes pieds.
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