En tirant délicatement sur ce fleuve, à contre-courant, on pourrait sans
doute retourner le monde, découvrir l'envers du décor, ce qui se trame
sous les fondations des immeubles, entre les racines des arbres, avant
que ne se pose dans leur ombre le pas des promeneurs .
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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.
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