Il
est trois heures. Le vent en profite pour aller faire un tour en ville.
J'attends qu'il revienne me dire ce qu'il a vu, quelle âme errante il a
bien pu frôler.
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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface.
Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence.
Rien ne se tait tout à fait.
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L'arène
gallo-romaine date du premier siècle. Je suis allongé dans l'herbe, en
son centre exact, face tournée vers le ciel. A l'autre extrémité de
l'allée courbe, bordée par une alternance de cyprès et de fragments de
caryatides, le lourd portail en fer est verouillé: le site vient de fermer au public, plus personne ne
viendra.
Tout
regard sans objet est millénaire, habité par d'autres regards
immémoriaux qui échafaudent un empilement de calendriers émoussés. La
notion de décompte est rendue obsolète par l'absence de but à atteindre.
L'espace dépasse le temporel.
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