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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Si j'étais un arbre, j'irais flâner dans le battement flou des jours.
Malgré le chant mat des oiseaux.
C'est un rêve: nous nous enlaçons  dans une serre afin que nul ne doute de l'intensité de nos étreintes.  
Puis vous vous éloignez pour aller mesurer l'épaisseur du verre et peser vos mots.
J'entre dans le présent froissé bien que la mémoire, sa rivale corruptible, mente effrontément.
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