Il pleuvait sur ces visages inconnus - comme sur le mien - , sans que
les averses ne parviennent à dissoudre nos discours adossés.
Le ciel nous accordait une audience tandis que dans la séparation des nues s'ébauchait un postulat amoureux.
Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.