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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Les baisers asymptotiques furent égarés les premiers. 
Les autres propagèrent l'incendie qui couvait sous la dentelle des jours.
Entre les deux s'étendait ce que nous ne pouvions nommer mais que nous aimions tant
Avant le fruit, la fleur.
Avant la fleur, la sève.
(Et l'énigme de la résurgence).
Écrire, c'est brûler des pages.
Nous sommes réversibles et inconséquents, industrieux dans l'art de perdre nos chances.
De la mousse des chemins nous ne tirons aucune gloire car nous finissons toujours par nous endormir en confondant le bruit des pas avec le chant des fontaines.
 Le vol d'oiseau est la bonne unité de mesure.
Tamisons nos phrases: il en restera la réciproque sauvage.

 Vanité des métaux lourds.

Fatiguons nos personnages aux traits sans ombres. Laissons-les parvenir aux confins des possibles où ils trouveront une faille par où s'empresser.
Voyons comme ils recourent au présent secondaire pour ennoblir leurs désirs.
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