Le ciel vide ses cendriers au dessus d'une ville insécable. J'y cherche ma part indissoluble.
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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface.
Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence.
Rien ne se tait tout à fait.
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Elle
vous fit remarquer le motif qui ornait le papier peint de la chambre,
pourtant attribuée au hasard par le réceptionniste; mais vous ne
parvenez plus à vous remémorer ce détail.
Il vous échappe dès que vous êtes sur le point de vous en saisir, comme
un mot sur le bout de la langue. Désormais cela vous obsède et revêt la
plus haute importance. Dans l'espoir de le retrouver , vous avez refait à
pied le trajet emprunté ce jour là , jusqu'à l'entrée de l'hôtel situé
près de la Sorbonne, sans toutefois oser entrer et demander à voir la
chambre.
Rien n'y fait: l'indice se dérobe.
Ce
maillon manquant jette un trouble sur le déroulement des évènements en
venant s'ajouter à une longue liste d'imprécisions dont il constitue
peut-être le point de départ. Votre vie est ainsi jalonnée de moments
précieux qui demeurent hors de portée. Vous finissez par douter qu'ils
aient jamais existé. Ces lacunes composent l'archipel de vos disparues,
ensemble d'approximations coupables dont la surface s'étend comme une
tache d'encre sur le buvard.
Parfois le fil du récit vous revient par fragments. Vous les juxtaposez, en marge de la mémoire, mais toujours sans images.
Sans doute aimiez-vous cette femme aveuglément.
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