________________________________________________________________________________________________________

Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

________________________________________________________________________________________________________
Les fleuves n'ont pas de descendance. Ils courent à leur perte avec insouciance sans rien connaître des usages marins. Ivres d'aval, leurs bras délavés désignent des eaux imaginaires.
Vos chevilles escarpées, éclaboussées de soleil, entretiennent la braise et le givre dans la clameur du parchemin.
Séjour inhabité, criblé de regrets adoucis et ouvert sur sa projection non-écrite: quand atteindrons-nous les hauts plateaux de la consonance?
© Copyright
Tous droits réservés