------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Je reconnaissais dans l'interstice son visage ailé et le sel réconciliés.
Il y a une jouissance  sépulcrale à se glisser dans le linceul du sommeil. 
Les yeux ouverts dans l'obscurité fixent le néant sans rien pouvoir en retenir de tangible: impunité du regard, ivresse de l'abandon, jubilation de la mise à nu, révélation de la peine perdue.
 S'étreindre: errer dans le labyrinthe vénitien.
La nuit qui rôde sur la banlieue ouest est trop lointaine pour être sincère. Le ciel refuse de passer aux aveux. Il a fermé son atelier de verre.
J'ouvre la bouche mais aucun son ne vient.
Tout repose à la surface de l'eau: le cisaillement du jour, les averses rabotées, le goût agrume de l'âge, la langue de bois, les lignes de fuite.
Vous flâniez dans les saisons, sidérale et granitique, échappant aux conciliabules des lustres, sans cesse remodelant vos bleus statuaires.
Je n'eus plus d'autre activité que de vous espérer, médusé.
Il y eut une vérité à boire bien que ne cessât pas la rumeur du fleuve. Nulle source jaillie au bénéfice du doute ne parvint à en obscurcir le lit. Pieds nus, vous seule possédiez le monopole de la soif et de la danse.
Je cherche dans le non-sommeil une passion cyclique, chair désaccouplée perdue dans l'entrebâillement des sophismes.
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