------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Un lacis de veines pointilleuses tressait nos solitudes alliées; nous tirions de cet écheveau irréductible un manteau de lassitudes écrues dont la patience n'avait d'égal que la hardiesse de nos silences.
Les mots constituent autant d'obstacles sur lesquels viennent buter les phrases, davantage par les images qu'ils projettent en détournant du propos initial, que par par leur présence même au milieu du parcours. 
Aucun ne vient au secours de l'autre. Faute de liens entre eux, ils s'empêchent, vont dépourvus et solitaires. Désordre et impuissance sont la règle. 
L'ouvrage ne progresse que par évitements à mesure que s'y installe la confusion. 
Reste le fil de l'eau, l'heureux hasard.
 Nul ne sut vraiment ce qu'il advint des rubriques mellifères.
 Potager, miroir épisodique de la fable carnivore.
Le pas lent de l'obscurité n'est plus une condition requise.
Anoblie par les songes, vous dénudez vos voyelles sans donner prise à la clarté qui façonne les draps blancs de l'aurore.
Par dessus l'épaule du jour, je perçois parfois le froissement de votre âme constellée.
Et je devine vos mains vives.
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