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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Nous nous sommes tus quand novembre refermait ses grilles magistrales. Je confiais mes paroles aux branches de votre arbre pour que vous en deviniez le revers alterné. Mais nul oiseau n' en vint relever le défi clairsemé, nulle rafale ne nous fit entendre raison. 
Vous restiez inestimable comme je demeurais littéral.
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