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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Chaque page est un nouveau récit. Parfois chaque phrase ou chaque mot. Il en est de même avec la ponctuation, les espaces, les sauts à la ligne, les non- dits.
Tout est pré-texte.
Ne cherchez pas de fil conducteur: le lien est le non-lien, le lieu vacant qu'il vous revient d'investir.
L'histoire ne s'achève donc jamais puisqu'elle n'a jamais commencé. Elle est à la fois ce que vous êtes ou ce que vous en ferez: une espérance, des grains de sable  qui vous filent entre les doigts et que le vent emporte, la beauté du geste, l'art de perdre, le désintéressement suprême qui vous fait tout aimer.
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