------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Pourquoi chercher au-delà de ce qui fut connu quand une rose pétrifiée par le gel inaugure l'étreinte des terres lointaines?
Ce fut une nuit sans rebords et je vous sentis si proche dans ses replis unanimes que je faillis vous tutoyer.
Il me revenait des mots, en grand désordre, en même temps que la conviction de devoir urgemment les assembler, former des phrases calcaires difficiles à prononcer car n'ayant pas d'autre fonction que celle de précipiter la pensée.
Après que le vent se fut replié derrière sa jeunesse, commença le dénombrement des visages fervents.
Inéluctablement vous entrez dans la statistique.
Sommes-nous encore visibles, sourires figés sur les photographies, ou bien déjà absents de nous-même, contraints au grand désœuvrement ?
Se défaire des oripeaux de la morale, des peurs conditionnées, des pensées imbriquées.
N'être pour un instant que la dénudation  primitive des possibles.
A la pointe du jour nous nous dirigeons vers la lumière comme les animaux sauvages s'en retirent. Deux ombres nous accompagnent dans nos hésitations diurnes : l' une est solaire, prévisible et circonstanciée, l'autre est imperceptible.
C'est une tache de silence que seule une femme aimée parvient à pénétrer.
Atomes désinvoltes et secourables.
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