------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Vous vous levez avant l'aube requise, pris en étau entre deux rives hégémoniques : l'inoubliable et le mesuré.
Avenir composite dressé contre la simplicité courbe.
( Votre main qui prend la mienne posée sur la table saisit une houle incurable ).
Au cœur des nuits veineuses, nous parcourons les musées de bronze, amants favorables et soustraits.
 Aurons-nous assez de temps pour nous réconcilier avec les alentours du verbe?
Toute ville est construite au bord de la mer, quelque soit la distance qui l'en sépare. Toute vie est traversée par un Danube, quel qu’en soit l'extrémité désirable.
Mais c'est le brouillard sur l'estuaire qui tire des conclusions hâtives.
A la faiblesse des heures répond l'intransigeance des arbres.
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