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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Juillet imprécis consacre ses dunes traversières au déploiement d'un amour minéral. La masse granuleuse des intentions fixe l'apogée, considère l'inclinaison des jouissances dilapidées.
Finalement les amants subordonnés révoquent le sablier initial.
Un  mot se nourrit de ceux qui l'entourent sans pourtant n'être jamais instruit ni tendu par cet épaulement. Le sens qui pourrait y circuler ne se révèle qu'à l'instant même de leur assemblage hasardeux. Il court en filigrane, voie lactée dont la fragile pâleur ne saurait éclairer un plan hardi.
Tout texte doit être abrégé, interrompu, parfois tranché net ou abandonné à son erre comme l'est une histoire humaine. Nulle explication plausible ne viendra justifier la disparition de l'eau dans le sable; cependant elle rejoindra une rivière souterraine, alimentera une insondable lacune, recyclera à l'infini sa propre survivance.
Ecrire revient à se perdre dans cet ignoré.
Une fois la lumière éteinte, seule persiste la pensée, hardiesse des néants puisée dans l'infusion des lèvres.
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