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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Un peu de neige était tombée pendant la nuit mais sous l'ardent soleil de l'été elle fondait à mesure que nous progressions. Ainsi, demeurions-nous entre deux mondes: un alpage verdoyant et parfumé surveillé ici ou là par quelques gentianes, et une poudreuse étincelante qui protestait sous nos pas en collant à nos semelles.
Il fallait tour à tour nous dévêtir ou bien nous rhabiller suivant que nous traversions l'une ou l'autre de ces fausses saisons. 
Finalement c'est l'été qui l'emporta et nous permit de franchir les derniers rochers sans risque de glisser.
Toute cette énergie dépensée n'avait aucun but sinon atteindre ce sommet où toute parole est inutile.
Face à nous, lentement, le glacier glissait sa main froide dans le dos de la vallée.
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