Un peu de neige était tombée pendant la nuit mais sous l'ardent soleil
de l'été elle fondait à mesure que nous progressions. Ainsi,
demeurions-nous entre deux mondes: un alpage verdoyant et parfumé
surveillé ici ou là par quelques gentianes, et une poudreuse étincelante
qui protestait sous nos pas en collant à nos semelles.
Toute cette énergie dépensée n'avait aucun but sinon atteindre ce sommet où toute parole est inutile.
Il fallait tour à tour nous dévêtir ou bien nous rhabiller suivant que
nous traversions l'une ou l'autre de ces fausses saisons.
Finalement c'est l'été qui l'emporta et nous permit de franchir les derniers rochers sans risque de glisser.Toute cette énergie dépensée n'avait aucun but sinon atteindre ce sommet où toute parole est inutile.
Face à nous, lentement, le glacier glissait sa main froide dans le dos de la vallée.