------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
Tordons le cou à une idée reçue: après de longues séances d'observations je suis en mesure d'affirmer que la langue des cygnes est incompréhensible.
J'ai perdu l'usage des noms. Les uns après les autres. Il ne me reste que des adjectifs, et des trous dans les phrases, des manques inqualifiables.
Balancier univoque: le carcan de la soif au bout de ma langue vénielle et les silences qui vont tête-bêche.
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