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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Je lis sous un olivier consentant, à l'abri de la fatigue du monde. Un petit insecte traverse la page de mon livre. Il lit plus vite que moi, ce qui n'est pas difficile, mais a la délicatesse de m'attendre en bas de page. Nous voilà tous deux embarqués dans la même histoire.
Je crois déjà que c'est pour toujours quand il m’abandonne avec une fabuleuse indifférence.
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