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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Les livres prennent l'humidité dans cette maison trop longtemps fermée. De petites tâches apparaissent sur les couvertures, le papier jaunit, se ramollit, l'encre perd le prégnant parfum de sa jeunesse et sa noirceur de geai.
Un jour, quand je les rouvrirai, il ne restera plus rien à lire, signe qu'ils seront arrivés à maturité et auront recouvré leur pureté originelle.
Nous ne possédons pas les livres: ce sont eux qui nous empruntent.
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