Les
livres prennent l'humidité dans cette maison trop longtemps fermée. De
petites tâches apparaissent sur les couvertures, le papier jaunit, se
ramollit, l'encre perd le prégnant parfum de sa jeunesse et sa noirceur
de geai.
Un
jour, quand je les rouvrirai, il ne restera plus rien à lire, signe
qu'ils seront arrivés à maturité et auront recouvré leur pureté
originelle.
Nous ne possédons pas les livres: ce sont eux qui nous empruntent.