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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Les maisons, toutes du même modèle, ne se différenciaient les unes des autres que par quelques détails voulus par leurs propriétaires (un chalet en bois au fond du jardin, un second garage, un potager...). Toutes étaient rigoureusement alignées, desservies par un réseau ténu d'allées perpendiculaires qui délimitaient les parcelles. 
Vues du ciel, elles faisaient penser à des tombes. Et ce cimetière urbain s'étendait à perte de vue.
Heureusement le pilote finit par se rendre compte de sa méprise. L'avion accéléra soudain, fit un virage serré pour s'extraire coûte que coûte de ce paysage désolant et parcourut une distance qui me parut considérable avant que n'apparaissent une zone marécageuse, des barques de pêche, un îlot d'où s'envolèrent des oiseaux blancs, des étendues herbeuses grandissantes, puis enfin ces installations étranges qui annoncent la proximité d'un aéroport.
J'enviais l'insouciance des autres passagers qui à aucun moment n'avaient eu conscience du péril auquel nous venions d'échapper.
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