Les
maisons, toutes du même modèle, ne se différenciaient les unes des
autres que par quelques détails voulus par leurs propriétaires (un
chalet en bois au fond du jardin, un second garage, un potager...).
Toutes étaient rigoureusement alignées, desservies par un réseau ténu
d'allées perpendiculaires qui délimitaient les parcelles.
Vues du ciel, elles faisaient penser à des tombes. Et ce cimetière urbain s'étendait à perte de vue.
Heureusement
le pilote finit par se rendre compte de sa méprise. L'avion accéléra
soudain, fit un virage serré pour s'extraire coûte que coûte de ce
paysage désolant et parcourut une distance qui me parut considérable
avant que n'apparaissent une zone marécageuse, des barques de pêche, un
îlot d'où s'envolèrent des oiseaux blancs, des étendues herbeuses
grandissantes, puis enfin ces installations étranges qui annoncent la
proximité d'un aéroport.
J'enviais
l'insouciance des autres passagers qui à aucun moment n'avaient eu
conscience du péril auquel nous venions d'échapper.