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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Que faire de l'expression “il n'y a pas âme qui vive”. 
Au milieu de la nuit je trouvais enfin la place qui lui revenait.
L'obscurité assiégeait la maison, l'océan grondait derrière la dune, la pluie cinglait les tuiles en tirant des traits aveugles sur son passé. Chaque goutte quittait un nulle part pour en rejoindre un autre en ouvrant dans sa verticale renommée un peu de vide supplétif et grégaire. 
Rien n'était envisageable dans ce bref espace.
Pas même une âme, hormis les mots qui cernent cette douce impossibilité.

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