La
webcam, infatigable, tourne la tête de gauche à droite puis de droite à
gauche. Elle surveille pour moi le sommet de cette montagne. La neige est
là mais on sent bien qu'elle n'y croit pas vraiment, que son heure
n'est pas encore venue. Modestement elle n'insiste pas.
Parfois
des détails changent: une voiture garée sur le parking, un engin dont
les phares découpent deux halos clairs au dessus de la route d'accès,
une tâche d'herbe qui s'élargit ou diminue au gré des précipitations et
de la température indiquée par deux petits thermomètres, un rouge et un
bleu, incrustés en haut à droite de l'écran.
Les
images sont captées à intervalles irréguliers ce qui donne à la scène
un caractère énigmatique. Apparitions et disparitions se succèdent sans
que l'on puisse établir avec certitude un lien de causalité.
Jamais
on ne distingue une silhouette.
Je
ne puis rester continuellement devant mon écran mais heureusement on
peut remonter le temps en choisissant une date et une heure puis le
faire à nouveau défiler (en accéléré).
Si je disposais d'une telle fonction dans ma vie, je serais sans doute tenté de l'utiliser.
Au ralenti.