------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait. ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

La conversation constituait l'ultime saison déposée sur l'arrondi de votre épaule. Chacun son tour, nous ravivions le brasier des musiques farouches pour que ne se tarisse pas le chant premier. Nul n'en percevait la moindre parole mais nous nous entendions. 
Savamment nous entretenions la consolation des rivières.
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