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Les mots sont nos caresses les plus souveraines. Et si nous nous taisons parfois c’est pour dresser des arches de silences appuyées à nos flancs amoureux, mieux passer de l’un à l’autre, ouvrage et contre-ouvrage, bâti certain enjambant la rivière et reflet tourmenté froissant la surface. Les mots projettent leur ombre : le silence. L’absence révèle la présence et inversement, comme en musique la mélodie soudain disparue poursuit une phrase souterraine pour mieux nous ravir à sa résurgence. Rien ne se tait tout à fait.

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Le couple rentre à Lausanne après des vacances, accompagné de leur fille et de sa correspondante allemande. 
Je pose quelques questions sur la ville, ses commerces,  ses cafés, ses librairies les plus fréquentées, les alentours, la vue sur le lac.
Recueillir des indices est un travail de patience. On procède par cercles concentriques en s'éloignant du sujet principal pour mieux y revenir à l'ombre des mémoires inaliénables.
Après la gare de Frasne le train s'enfonce dans un tunnel. Des douaniers remontent la rame avec un  chien tenu en laisse.
La conversation s'éteint. 
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